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Puisque l'on parle des retraites...

On dira jamais assez que la retraite est souvent un traumatisme pour les joueurs professionnels. Si vous trouvez ce propos déplacé, je vous offre la preuve en images :

José Luis Chilavert avant :

Terreur des attaquants, épouvantail de la France en 1998, et même des gardiens adverses avec ses célèbres coups francs

José Luis Chilavert après :

Terreur des KFC, épouvantail des Dunkin' Donuts, et même des Burger King avec son célèbre coup de fourchette.

Franchement, la retraite à 62 ans, c'est vraiment pas possible.

Vuvuzel'art

Plus insupportable que la domination brésilienne, que l’arrogance britannique ou hollandaise, que les hooligans allemands en 1998, que l’équipe italienne, ou pire que tout, les vuvuzelas : l’équipe de France toute entière. Dirigeants, staff, joueurs. Se rendre aussi ridicule et faire autant l’unanimité dans la médiocrité, ce n’est plus de l’incompétence : c’est un art.



Bon, faisons un petit retour chronologique des derniers épisodes, à la manière d’une quotidienne de Secret Story des célébrités en Afrique 2 :

- Jeudi soir : Nico, ne sachant pas que Ray est commandé par la Voix qui lui impose de le faire jouer en pointe, craque et l’insulte à la mi temps du match. C’est pas très gentil.
- La Voix, toujours elle, permet à son complice au sein du vestiaire d’informer les journalistes des choses pas très gentilles que Nico à balancé à Ray. Les journalistes, n’écoutant que leur déontologie, relaient les informations cash, sans prendre de gants, car il faut bien que tout le monde sache qu’ils avaient raison depuis le début, et que tout ça n’était que mascarade.

- Samedi : la prod’ se sent obligée d’intervenir. JiPé, accompagné de Captain’ Pat, récite le sketch écrit par le groupe à la demande de la Voix. S’ils réussissent à faire rire, Nico pourra rester. Sinon il devra partir.
- C’est un bide, personne ne se marre, du coup Nico est exclu du jeu. La Voix est allée un peu trop loin, tout le monde est vénère et lui en veut. Francky et Will commencent à se douter que la Voix à un complice, « c’est Yoyo la balance ». Si tout ça n’était pas sorti du vestiaire CSA , la prod’ ne serait pas sentie obligée de virer Nico. Après tout c’est pas si grave ce qu’il a dit. Will pense que JiPé « a bien fait son tar-ba » de foirer le défi du sketch avec Pat. Et pendant ce temps, tout le monde oublie le prochain défi que la Voix leur a donné : un match contre les Bafanas-Bafanas.

- Dimanche : tout le monde a super mal dormi. Yoann a encore eu des terreurs nocturnes et Ray a du changer ses draps. Francky l’a entendu dire à Ray « J’ai eu peur, j’ai vu des nains en combinaisons CarGlass qui traversaient des pare brise pour me mettre des coups de vuvuzelas ». Du coup tout le monde est encore plus vénère, d’autant plus que la Voix les oblige à s’entrainer pour leur défi de mardi, et d’aller dire bonjour à la faune locale par-dessus tout. Will, Francky et Eric coincent Captain’ Pat et le forcent à aller voir Ray pour leur dire qu’ils boycottent l’entrainement. Quand Francky a sorti « boycott » tout le monde l’a regardé bizarrement. Francky leur explique qu’il a le numéro de Jean-Alain, l’intello pas retenu pour le jeu. D’ailleurs il l’appelle pour qu’il les aide à écrire une lettre pour dire à quel point ils ne peuvent plus tolérer cette situation ubuesque. « Wesh JA, vas-y cousin envoie un texto pour dire qu’on est trop vénère là, ils sont trop relous les gars ici. Merci cousin, je t’envoie le 06 de Zahia en sms ».
- Quand Captain’ Pat va voir Ray pour lui dire, Robbie, pourtant à distance des tensions jusque là, craque à son tour. Heureusement que Ray est là pour les séparer, on ne sait pas si les urgences locales sont équipées pour retirer des chronomètres introduits dans des endroits où ils n’ont rien à y faire.
- Tout le monde retourne dans le bus, sauf Ray qui se voit fermer la porte aux nez. Il s’arrache quelques sourcils coincés pour éviter de devoir courir à coté du bus. Francky pour détendre l’atmosphère propose de conduire , car il a déjà fait du drift avec le bus de sa précédente émission, en Allemagne. Will préfère qu’ils roulent sur le terrain pour boucher les taupières. Yoann évite son regard noir, certainement en pensant à tonton Lolo qui vendra le chercher à l’aéroport.
- La prod’ est dépassée. La grosse Voix claque des talonnettes et envoie son bras droit, Rosie, pour régler cette affaire. Le défi de mardi tient toujours, et il faut assurer les audiences. La prod’ annonce donc que la cagnotte de chaque participant recevra un bonus de 300 000€ pour ceux qui réussiront le défi de mardi.

- Lundi matin : tout est revenu au calme et tout le monde s’entraine pour le défi.


Vous le voyez, c’est de l’art, on touche à la tragédie grecque ! Plus sérieusement, autant en rire, même si c’est forcément un peu jaune quand on se sent supporter. Il y’a plus grave bien sur, pensons aux nord-coréens qui viennent juste de signer pour un joli séjour au Kim-Jong Il park après leur performance face au Portugal. Néanmoins, devant la médiatisation que possède cet évènement au niveau mondial, et même si ce n’est que du foot, on ne peut pas s’empêcher d’avoir un peu honte pour la France. On risque de se trimballer cette casserole pendant un moment, tant le rayonnement d’une Coupe du monde est à même faire passer des éléments de la sphère purement sportive, à celle de la culture populaire partagée par un plus grand nombre. La main de Dieu en 1986 en est un parfait exemple. Même les gens qui ne s’intéressent pas au sport doivent au moins connaitre ce que à quoi cela fait référence. Et dire que je pars en vacances en Italie cet été, ça va chambrer sévère !


Cependant je pense qu’il ne faut pas être dupe, si les joueurs français ont (un peu) de mal à se comporter de manière rationnelle, il n y’a pas de raisons pour que leurs homologues étrangers soient différents. D’autant plus qu’ils se côtoient en club pour pas mal d’entre eux, donc ils doivent partager pas mal d’habitude en commun. Mais la différence est que les autres sélections ont la bonne idée de faire en sorte pour ça ne se sache pas, ou alors après la compétition, quand les néo-retraités pourront par exemple cracher leur bile dans un livre à grand tirage. Et avec un peu de recul, l’Histoire du foot (oui, avec une majuscule. C’est du sérieux) nous a offert des situations peut être plus malsaines, avec par exemple des tensions raciales en sélection hollandaise à une certaine époque (entre joueurs d’origine surinamienne et hollandais « de souche »). Néanmoins tout cela se déroulait de manière plus discrète et étouffée, que ce que nous propose l’Equipe de France. Le panache français fait que la sélection n’attend pas l’après compétition pour régler ses comptes. Non, ils s’offrent en spectacle en plein mondial, en HD et 3D, aux yeux du monde entier.

Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon… En attendant, on pourra toujours décrocher un titre, celui de champion du monde de la connerie.



Tragédie à l'espagnole

 Raule et Benjaminus

Les protagonistes

Le Chœur
La Plèbe, génération Footix
Raule, héros de la cité
Aragones, sage sénile
Cabanettus, devin
Arbitrus, juge
Benjaminus, incompris

Prologue : le Chœur

Approchez, approchez,
Manants, hommes de la cité
Laissez-nous vous raconter
de Benjaminus l'histoire désabusée.
Un supporter espagnol qui,
Alors que son équipe allait gagner la coupe,
A préféré jeter son maillot aux orties,
Pour fidélité pour Raule, exclu de la troupe.

Acte I, Euro 2000

- Benjaminus : mes amis, vous verrez, Raule va marquer buts et esprit
- La Plèbe : crétin, bouffon, t'y connais que rien. Raule c'est une buse, pas de quoi en faire un foin
- Cabanettus : méfie toi, cher Benjaminus, Raul, à la dernière minute, une opportunité en or il obtiendra. Hélas, et même si j'en ris d'avance, la balle au dessus de la barre s'envolera.
- Benjaminus : ne t'inquiète point, mon cher Cabanettus. C'est Mendietas qui tire les penaltus.
- Le Chœur : Benjaminus ne le savait pas, mais Mendieta sortirera. Et Raule tirererera, le penaltus ad patres. Couillus
- La Plèbe : crétin, bouffon, t'y connais que rien. Raule suce des phallus, pas de quoi en faire un foin.

Acte II, Coupe du Monde 2002

- Benjaminus : mes amis, je le sens bien, ce coup-ci, c'est pour de bon, Raule a mis plein de buts en poule, patati-patapon
- La Plèbe : n'as-tu pas compris, pourtant, Benjaminus? t'es vraiment qu'un bouffon, l'Espagne c'est moins bien que les nichons
- Le Chœur : Benjaminus ne le savait pas, mais l'arbitrus corrompus avait déjà tout décidé, l'Espagne allait décéder aux glas des fourbes corhéyns
- Arbitrus : non, ce but est hors-jeu! Non, la balle est sortie! Non, non, non, non!
- La Plèbe : n'as-tu pas compris, pourtant, Benjaminus? t'es vraiment qu'un bouffon, l'Espagne c'est moins bien que les nippons.

Acte III, Euro 2004


- Benjaminus : Le Portugal c'est à côté de l'Espagne, ce coup-ci c'est la bonne, on y a va pour la gagne!
- La Plèbe : n'as-tu pas compris, pourtant, Benjaminus? t'es vraiment qu'un bouffon, l'Espagne c'est pour les moutons
- Le Chœur : Benjaminus ne le savait pas, mais les grecs l'euro allaient gagner, et toute l'Europe se lamenter
- Raule : madre de dios, no podemos pasar las poulas, hemos perdido, somos nulos
- La Plèbe : zzzzz, ron zzzzz? zzzzz roon pshiiiit zzzzzzz, zzzzzzzzz, zzzzzzzzzz ronron pshit!


Acte IV, Coupe du Monde 2006

- Benjaminus : ce coup-ci, c'est la bonne, ils sont trop forts, par madone! Raule anéantit à lui tout seul la Tunyshie!
- La Plèbe : n'as-tu pas compris, pourtant, Benjaminus? Zizus est de retour, et il est méga-dopus!
- Le Choeur : Benjaminus ne le savait pas, mais un monstre défiguré ses espérances allait bafouer
- Benjaminus : diantre, qu'arrive-t-il à Zizus? Lui pourtant si nul à Madrhydre, il file comme un airbus!
- La Plèbe : n'as-tu pas compris, pourtant, Benjaminus? Vieira c'est un tank, et toi t'es pire que Steve Malbranque!


Acte V, Euro 2008


- Benjaminus : ce coup-ci, j'en ai assez, c'en est fini, si Raule n'y est pas, je ne lèverai plus jamais le bras!
- Raule : c'est pas grave si je joue pas, je veux en être, je chanterai du Abba, tu seras mon maître!
- Aragones : Raule, negro de mierda, tu peux toujours courir ma poule, tu ne viendras pas
- La Plèbe : Aragones est un crétin, mais purée ce qu'ils jouent bien, c'est parce qu'il n'y a plus Raule que le bateau dorénavant plus ne coule!
- Le Chœur : Benjaminus ne le savait pas, mais l'Espagne jamais avec Raule ne gagnerait, et de tous les livres d'Histoire il serait oublié.

Le Chœur

Cette sombre histoire, qu'elle vous inspire ou non,
Doit, s'il vous plait, vous conter une leçon.
Si les plus grands joueurs sont ceux qui gagnent,
Il ne faut pas oublier ceux qui croupissent dans le bagne.
Rhuüd, Raule, Ballackhck ou Beyckhahm,
Si vous étiez nés brésiliens, cela aurait changé votre destin.

10 raisons d'aimer Domenech


Aucun sélectionneur de l'équipe de France (voire même dans le monde entier) aura été aussi impopulaire... (à tort ou à raison, libre à vous de choisir). Prenons donc le contrepied en essayant de trouver 10 bonnes raisons de bien l'aimer, lui cet horrible tueur de bébés phoques hautement incompétent...

- Il aime se foutre ouvertement de la gueule des tous puissants journalistes là-haut dans les cieux, ceux qui ont un avis sur tout... (mais surtout un avis en fait),

- Il avait une pure dégaine dans les années 70, avec son look façon Bee Gees, mais du coté obscur de la force,

- Il est le seul à avoir qualifié l’équipe de France pour 3 compétitions consécutives. Et on est sur qu’on fond d’eux-mêmes, Houiller et autres illustres (hum) sélectionneurs doivent en être jaloux,

- Au final, il s’est quand même pris un beau râteau par Estelle le soir de l’élimination à l’Euro 2008. Ca mérite bien un peu de solidarité masculine,

- Il est le sélectionneur qui a offert une reconnaissance internationale (de 2 minutes) à Franck Jurietti,

- Il a quand même failli nous offrir une deuxième coupe du monde, et tout le monde oublie qu’on aurait tous chialé comme des gosses, grâce à lui (et un peu à Zidane, certes),

- Se la jouer Brice de Nice avec David Astorga à chaque mi temps des Bleus, ça doit être quand même vachement fun,

- Lassana Diarra, Gourcuff, Sagna, Lloris… bref les cadres de la future équipe championne d’Europe 2016, c’est lui qui les a lancés en bleu,

- 50 000€ par mois pour voyager dans tous les stades d’Europe voire même plus loin, on aimerait bien être à sa place non ?

- Personne ne peut le blairer, donc il faut bien que quelqu’un l’aime (à part Estelle).

Ruuuuuuuuuuuud….




C'est à peu de choses près le cri que j'ai eu envie de pousser ce mardi 11 mai, en découvrant la liste des 30 hollandais pré-selectionnés pour la Coupe du monde 2010. Mais pas un cri de joie, tel celui poussé par les supporters à chacun de ses buts. Non, plutôt un cri façon loup hurlant à la mort. A la publication de la liste, mes yeux se sont fébrilement portés sur la catégorie « attaquants » pour y voir une flopée de noms barbares, mais point celui de Rutgerus Johanes Martinius van Nistelrooy. Fin de carrière internationale en lieu et place du magnifique jubilé qu'aurait pu être, pour lui, ce mondial.

C'est l'occasion pour moi de tirer un petit portait sur un joueur qui fut littéralement mon idole du temps de son passage à Manchester.

Rutgerus Johanes Martinius van Nistelrooy, appelons-le Ruud pour plus de commodité, est né le 1er juillet 1976 à Oss aux Pays-Bas. Originaire d'une région, disons le franchement, un peu campagnarde, les habitants sont appelé burgundies (Bourguignons, en référence au XVème siècle... oui je bosse quand je prépare un article) par leurs concitoyens, il y passe une enfance heureuse au milieu de champs, veaux, vaches et cochons... Bon en fait je n'en sais rien, à part qu'il a un grand frère, donc passons directement à ses débuts balle au pied. Ruud débute en temps que milieu offensif, mais se retrouve progressivement attaquant, l'appel du but, du tremblement du filet, étant surement pour lui quelque chose d'irrésistible D'ailleurs il est le mieux placé pour en parler « Je détestais jouer des matchs où les buts n'avaient pas filets, c'était la pire des punitions qu'on pouvait m'infliger" (L'Equipe Magazine 1119, 1er novembre 2003).
 
Ruud n'a pas suivi pas un parcours classique, en passant par un centre de formation (et il y'en a en Hollande). Comme la majorité des joueurs dans ce cas, il n'est pas du genre précoce. S'il joue au foot et commence à percer, c'est en tant que semi-pro. La semaine, il continue à fréquenter les bancs de la fac, où il y rencontre d'ailleurs sa future femme (il faut bien satisfaire son lectorat féminin avec quelques potins). Pour preuve de cette émergence tardive, alors qu'il est toujours étudiant, Patrick Kluivert né le même jour de la même année que lui, remporte la C1 avec l'Ajax. Mais fini les tergiversations, il faut passer aux choses sérieuses, et Ruud choisit de se consacrer à plein temps au foot. Si bon nombre de défenseurs et gardiens avaient su cela, ils l'auraient poussé à continuer les études…

Sa carrière de pro débute au modeste FC Den Bosch, mais il rattrape vite son supposé départ tardif dans le professionnalisme. Le staff fait un travail de pro (Ruquier point,) et le fixe au poste d'attaquant, avant qu'il signe au FC Heereenven, où son entraineur, Foppe De Haan (le hollandais, quelle magnifique langue tout de même) ditra de lui qu'il a les pieds aussi sensibles et précis que ses mains. Mais pas de temps à perdre, le prestigieux PSV Eindhoven, l'un des trois grands clubs du pays l'enrôle illico presto. Le club devait croire en lui, puisqu'il arrive après le passage de Romario et Ronaldo, excusez du peu, qui se sont servi du club comme tremplin pour leur carrière européenne. Traditionnellement le club à donc régulièrement eu de grands buteurs, et van Nistelrooy ne va pas déroger à la règle. Il explose au plus haut niveau (hollandais, relativisons les choses) et devient un attaquant tout en puissance, qui déménage toutes les défenses s'offrant à lui. Les chiffres se suffisent à eux-mêmes : 75 buts en 91 matchs, deux fois meilleur buteur du championnat consécutivement et deux fois champion, le tout ponctué de quelques chefs d'œuvre, notamment un but du milieu du terrain. N'en jetez plus, le fax du PSV à déjà rendu l'âme.

Et c'est là que nos destins se rejoignent, car au printemps 2000 Manchester United est en tête pour signer le batave. A l'annonce de la nouvelle, je suis tout excité de voir un attaquant de ce calibre rejoindre le club, sa réputation étant phénoménale. Il faut remettre dans le contexte, à l'aube de l'internet 2.0, en précisant qu'à l'époque les nouvelles se rependaient moins vite, et pour qu'une réputation passe les frontières, il fallait vraiment que le joueur promette. Aujourd'hui on nous sort un nouveau Zidane chaque week-end, vidéo Youtube à l'appui.

Bien sur tout était trop beau. Pour une fois que MU était sur le devant de la scène pour signer un joueur coté, tout s'est envolé quand Ruud s'est effondré à l'entrainement. Verdict sans appel, ligaments foutu, Euro (à domicile) foutu, transfert foutu…de quoi vous ruiner une carrière en somme. Le bonhomme va pourtant montrer qu'il a du caractère. Sir Alex croit dur comme fer en son talent, et lui promet de l'engager la saison prochaine s'il se rétablit. Ruud part donc pour de longs mois en convalescence, après une opération aux Etats-Unis. Au printemps 2001, RvN enfile à nouveau le maillot du PSV et retrouve les terrains. La promesse de sur Alex est tenue, et Ruud signe à Manchester pour 19M€.

The goal machine

Premier match en Red Devil, premier but face à Liverpool, ennemi juré, de quoi soigner d'entrée sa cote de popularité. Ruud ne perd pas de temps et enquille les buts, peu importe l'équipe ou le défenseur qui lui fait face. Peu à peu, l'attaquant tout en puissance qu'il était au PSV, se mue en véritable buteur pur sang et insatiable sous le maillot rouge. Un surnom lui est tout trouvé : the goal machine. Illustration parfaite, à la fin de sa carrière en rouge, il n'aura marqué qu'un seul but en dehors de la surface. Mais revenons à sa première saison mancunienne qui se termine avec 36 buts au compteur, on a connu pire comme adaptation. Malheureusement l'effectif est trop bancal, déstabilisé par l'arrivé du milieu argentin Veron, énorme transfert pour lequel Ferguson bouscule son 4-4-2 traditionnel et immuable, en 4-5-1. C'est un échec, MU termine 3ème du championnat, et est éliminé en Ligue des champions. Les Gunners triomphent, emmené par un Henry au sommet de son art, qui devance Ruud d'un petit but au classement des buteurs.

A ce propos la comparaison entre les deux joueurs est inévitable d'un point de vue médiatique, et bien évidemment Henry remporte tous les suffrages (enfin du point de vue français bien évidemment) or Henry évolue dans un style globalement plus « esthétique » que notre ami hollandais. Ainsi sa réputation de renard se forge autour de buts qui font partie de ceux que l'on à un peu honte de montrer, que l'on range au fond de la vidéothèque, à coté de ceux d'Inzaghi et Trezeguet. Cependant cette réputation est un peu (beaucoup) usurpée, car nombre de ses buts sont techniquement splendides, avec beaucoup d'enchainements balle aérienne-contrôle-frappe instantanée, et certains autres sont tout bonnement des chefs d'œuvres. Prenons pas exemple ce but face au FC Bâle en Ligue des Champions, ou Ruud part du poteau de corner en longeant la ligne, mystifie un défenseur et marque dans un angle impossible. Ou encore ce but face à Fulham, ou pour parachever un magnifique triplé il part du milieu de terrain, efface trois joueurs avant de tromper le gardien. Ou bien ce somptueux finish face à Charlton Et il y'en a des dizaines comme cela.
Ce triplé contre Fulham est d'ailleurs inscrit lors de la saison 2002-2003, sa seconde avec MU. Le club est revanchard et ronge son frein derrière Arsenal champion en titre, qui mène un train d'enfer en tête du championnat. Au début de printemps, les londoniens sont assis en tête avec 10 points d'avance. On imagine notre cher Alex Ferguson bouillonnant de rage à l'idée de se voir encore une fois dominé par son meilleur ennemi Wenger. Mais il n'est pas le seul, et Ruud, privé de Coupe du monde 2002 (la sélection n'est pas qualifée) après avoir manqué l'Euro 2000 (ligaments en miettes) est assoiffé de buts. Si sa première saison s'est montrée réussie, sa seconde sera phénoménale. Sous son impulsion, MU enclenche le turbo et fait fondre spectaculairement l'avance des Gunners. L'enchainement des doublés et des triplés de RvN est impressionnant, le canonnier n'est pas à Londres mais à Manchester ! Arsenal fini par craquer, et grâce à un nouveau triplé inscrit face à Charlton par notre « homme-but » United passe en tête, avant d'être sacré grâce à une défaite des Gunners…face à Leeds !

Ruud achève sa saison sur le total gargantuesque de 44 buts inscrits. Meilleur buteur du championnat, meilleur buteur de la Ligue des champions (tout en étant éliminé en ¼ de finale par le Real Madrid, au cours du meilleur double affrontement qu'il m'ait été donné de voir 1-3, 4-3). Il réalise certainement la meilleure saison de sa carrière.

Van the Man

Malheureusement, ce sera son seul titre de champion avec United. Malgré ses performances en attaque, l'effectif souffre d'un milieu de terrain appauvri et d'une « van Nistelrodépendance ». Son efficacité est telle qu'il cristallise toutes les actions offensives, et les défenseurs l'ont bien compris en se montrant plus féroces à son encontre. Certes cela permet d'obtenir des pénaltys, qu'il se fait un plaisir de transformer.

A propos de pénalty, impossible de ne pas citer la fameuse histoire du pénalty manqué face à Arsenal. Non content d'être d'une efficacité rare face au but, Ruud l'est aussi au point de pénalty. Ses ratés peuvent se compter sur les doigts d'une main. Mais ce jour de septembre 2003, lorsqu'il se présente aux 11 mètres
pour la victoire face à Jens Lehmann, à Old Trafford, à la dernière minute d'un Manchester-Arsenal houleux, sa frappe s'écrase puissamment sur la barre avant d'être dégagée au loin par la défense arrivant en trombe. Au choc de ce raté spectaculaire, s'ajoute l'attitude ridicule des Gunners se jetant sur RvN pour le secouer, le pousser, l'insulter car ils l'estimaient responsable de l'expulsion de Vieira quelques minutes avant, des images indignes du plus haut niveau. Ruud apparait sonné et les Canonniers s'envolent vers une incroyable série de 49 matchs sans défaite…qui prendra fin au même endroit et de la même façon ! Plus d'un an après, Ruud est à nouveau face à Lehmann, à nouveau à Old Trafford pour à nouveau offrir la victoire tout en empêchant les londoniens d'atteindre le total symbolique de 50 matchs sans défaite. Cette fois il ne tremble pas et sa célébration, d'un profond cri mélé de joie et de soulagement, prouve qu'il tenait à effacer l'affront qui lui avait été fait en 2003.

Van the Man est ainsi, un joueur qui joue pour le plaisir du jeu et de la victoire avant de se voir comme une star et une icône publicitaire. En dehors de quelques spots pour ses sponsors, il est invisible hors du terrain, un Monsieur tout le monde en quelques sorte, bien conscient de la chance qu'il à de pouvoir vivre de sa passion.

Néanmoins sur le terrain, après Arsenal c'est Chelsea qui émerge, grâce au rachat par ce cher Abrahamovich. Deux années de suite, les Blues sont titrés et MU se morfond avec des lots de consolation. De son coté Ruud commence à être fragilisé, par les blessures d'une part, et la concurrence d'autre part. Notre petit Frenchie Louis Saha à débarqué, et ses performances poussent petit à petit Van the Man sur la touche. Point d'orgue, la finale de League Cup 2006 remportée 4-0 par MU, dont Ruud de disputera pas une seule seconde. Ca commence à sentir le roussi, d'autant plus qu'il échange quelques amabilités avec Cristiano Ronaldo à l'entrainement (comprenez, des baffes…il l'avait surement mérité de toute façon). L'inévitable se produit alors, Ruud va partir. Je me refuse à le croire, jusqu'au jour ou le club officialise son départ au Real Madrid.

C'est un coup de poignard dans mon petit cœur de supporter, moi qui rêvait de le voir devenir meilleur buteur de l'histoire du club et de finir glorieusement sa carrière en rouge. Je suis triste et j'en veux à Ferguson de le faire partir. Cependant l'avenir lui donnera raison, Ronaldo et Rooney explosent à leur tour et MU reconquiert triomphalement le titre de champion dès l'année suivante, libéré d'une certaine manière de l'omniprésence du hollandais face au but.

Je pourrais écrire des pages et des pages sur les émotions vécues à suivre ses exploits mancuniens. L'ADSL n'étant pas démocratisé, Youtube et autres n'existant pas encore il me fallait patienter de longues heures avant de pouvoir visualiser ses exploits, et la découverte de chaque but faisait l'objet d'une délectation de chaque instant. Ceci explique peut être un peu la fascination que j'éprouve envers lui.

And in the end…

Bien sur sa carrière ne s'est pas arrêtée avec son départ, bien au contraire. Il a trouvé un partenaire d'attaque pas trop mauvais au Real, un certain Raul, avec qui il a formé un incroyable duo sa faisant marquer sans cesse l'un et l'autre, qui a mené le Real vers un nouveau titre de champion, inévitablement accompagné d'un titre de meilleur buteur pour Ruud. Seule une blessure est venue l'empêcher de réaliser à peu près la même chose qu'il avait accomplie avec MU, et de continuer à étoffer son palmarès. 150 buts à Manchester, 59 avec le Real, 75 avec le PSV, deuxième meilleur buteur de l'histoire de la C1 avec 60 buts, meilleur buteur de la sélection hollandaise, bref…meilleur buteur partout ou il est passé, voilà ce qu'est van Nistelrooy.

Un buteur possédant d'excellent qualités physiques, au service d'un sens du but hors du commun, de quelque chose de spécial, d'impalpable (selon mes calculs, il a marqué 357 buts en 585 matchs pros, soit la moyenne de 0.62 buts/match...), qui le rend digne des plus grands. Et au delà du joueur, un homme modeste malgré le succès, qui a su garder un regard à la fois distant, lucide et humble sur la chance qu'il a de vivre de sa passion ("En arrivant à Manchester, je me suis offert la voiture de mes rêves. Jamais je ne la vendrai. Dans vingt ans elle sera toujours dans mon garage, et je la regarderai avec plaisir. On ne vend jamais ses rêves."). Oui, vraiment, digne des plus grands.

Je ne parle pas de lui au passé, il peut encore briller une ou deux saisons avec Hambourg, et pourquoi pas devenir meilleur buteur dans un quatrième championnat différent ( !), mais sa non sélection pour la Coupe du monde amorce définitivement la fin de sa carrière. Les supporters ne pourront bientôt plus faire monter les « Ruud ! Ruud ! Ruud! » des tribunes après chaque but, et les défenseurs pourront mieux dormir. 
Sources : Wikipédia, lequipe.fr, L'Equipe Magazine 1119 - 1er novembre 2003